
C’était une des missions que l’on s’était fixé avec Marie pour ce trip, shooter une session kite sur un lac d’altitude, c’est chose faite!!! Notre présence sur la cordillère blanche et plus précisément à Huaraz n’était pas un hasard. Nous avions repéré avant de partir quelques endroits qui auraient pu nous permettre de mener notre « mission » à bien, des lacs aux noms envoutants et aux couleurs plus que surnaturelles, dont nous ne connaissions ni les abords, ni leur exposition au vent et encore moins leur altitudes… Les seuls éléments en notre possession étaient leurs aspects au travers de Google Earth et la route qui nous y amènerait, rien de plus.
C’est donc un peu (beaucoup?) à l’aventure qu’après quelques jours d’acclimatation à l’altitude (et oui, je vous rappelle que nous sommes quand même à plus de 3000 mètres dans notre camp de base de Huaraz), nous choisissons le parc national de Llanganuco, à deux heures de route, et ses deux lacs Querococha et Chinancocha. Etant donné la nature de l’endroit et la présence de gardes protégeant les lieux, nous faisons les choses dans les règles et demandons s’il est possible de naviguer. Après quelques minutes à expliquer (dans un espagnol plus qu’approximatif, mais c’est Marie qui a géré comme une chef!) ce qu’est le kite, la réponse arrive, positive pour le lac Chinancocha, l’autre étant un espace ultra protégé.

Quelques secondes plus tard, nous sommes de nouveau sur la piste pour accéder à l’un des plus beaux endroits qu’il nous ait été donné de voir, un lac bleu turquoise, coincé entre deux énormes glaciers. Le Huascaran, le plus haut sommet de la cordillère blanche, surplombe en effet le lac Chinancocha et culmine à plus de 6500 mètres.
Après une rapide visite des abords du lac, et nous décidons de partir d’en haut et de descendre au vent. On trouve une super plage, parfaite pour mettre en place le matériel. C’est le gonflage de la Bandit 4 12m qui va être le plus physique car à plus de 3800 mètres, l’oxygène se fait toujours plus rare et on est très très vite essoufflé…

Mais bon, je finis par y arriver et je suis prêt à me lancer! Décollage niquel, y’a bien de l’air en haut, les premiers pas dans l’eau (qui n’est en fait pas si fraiche que ça!) et c’est parti! Le vent n’est vraiment pas des plus réguliers mais je peux tout de même me faire quelques petits jumps et c’est vraiment grisant de se retrouver au pied de falaises si immenses… Marie, après m’avoir décollé remonte dans le 4×4 et me suis pendant la descente. Les sensations sont au rendez-vous, le décor est magique et on en prend vraiment pleins les yeux. L’arrivée se fait sous les applaudissements des touristes en visite, en majorité péruviens, qui hallucinent complètement en voyant un kite sauter par dessus leurs têtes!


Une petite heure plus tard c’est déjà la fin, l’onglet commence à arriver (et oui, même si l’eau n’est pas trop fraiche, l’air lui c’est pas la même histoire…). L’atterrissage est lui aussi un grand moment, tous les touristes veulent prendre une photo avec le kitesurfeur et le lama est pour le coup un peu délaissé… Mais nous décidons avec Marie d’enterrer la hache de guerre et immortalisons ce grand moment!

Le lendemain, nous quittons Huaraz et la Cordillère Blanche et reprenons la route vers la mer en direction de Chicama. Quelques heures de route au programme, nous décidons d’emprunter le Canyon del Plato, conseillé par Patrick (un français qui tient une crêperie au top à Huaraz) pour rejoindre la Panamericana N1. Et on ne saurait trop vous recommander de passer par ce chemin!!! Vous découvrirez des paysages une fois de plus à couper le souffle, ses 40 tunnels creusés à même la montagne, une route d’à peine quelques mètres de large qui longe La Santa, la rivière qui serpente tout au long du canyon et qui vous accompagnera pendant les 5 heures que dure cette « traversée ».

Le soir venu nous arrivons enfin à Chicama, « où se trouve la gauche la plus longue du monde » (c’est marqué à l’entrée du village!). Plage magnifique bordée de falaise, où les sets rentrent sans discontinuer. C’est un véritable paradis pour surfeur, mais malheureusement pas vraiment le top pour le kite. Le vent est bien trop off-shore, et perd énormément de sa puissance en passant au dessus des collines… Il faudra trouver un autre endroit, mais nous savons déjà où chercher. C’est à un peu moins d’une heure, un peu plus encore au Nord, que se trouve Pacasmayo.

Et là, ce n’est pas la même histoire… Même si, comme à Chicama, le spot bénéficie d’une pointe où viennent s’enrouler les vagues venues du Sud, les collines ne bloquent pas le vent et on profite pleinement des conditions. Première session hier avec un vent certes un poil léger (en B4 12M toujours!) mais qui me permet de prendre des vagues presque interminables… En effet, comparées aux vagues que j’ai eu la chance de surfer jusqu’à présent (Cap Vert, Ile Maurice, Maroc, etc…), celles-ci déroulent parfois sur plus d’un kilomètre, ce qui permet d’enchainer bottoms et rollers jusqu’à ne plus en pouvoir!!!!

Et surtout passer ensuite plusieurs minutes pour remonter au prés à son point de départ!!! Mais vraiment du pur bonheur, en plus quasiment seul sur le spot, avec seulement quelques surfeurs super sympas en plus de ça… Même si l’on dort à Chicama, notre camp de base est le Surf Camp El Faro, tenu par notre ami Jaime et qui vous accueillera à bras ouvert! C’est d’ailleurs son hôtel qui sera également le quartier général de la seconde étape du KSP World Tour (le Tour Pro Surf en kite).
Le programme pour les prochains jours sera le même qu’hier, déchirer les vagues de Pacasmayo jusqu’à épuisement!!!
